règlement de contes

Petites intrigues au sujet des personnages de contes, texte déjà amorcé auparavant, texte rappelé puis continué ici. Des faits et des impressions personnelles dans pas mal de non verbal et de non dit aussi.

 

Je suis sortie du bois

De l’encre plein les doigts

De petit pas en petit pas

J’ai osé écrire les mots

Sur un petit chaperon

Qui a gravé son nom sur tous les arbres de la forêt

 

Je suis sortie du lit

Pensant à cette petite princesse aux yeux cernés

Dans son lit de matelas emballés dans des tissus de merveille

Oubliés dès l’instant que le dos a rencontré le pois

Qui annonçait une nuit de poisse

 

La forêt pour t’abriter

Pas de soucis ma jolie

Ou plutôt ma belle, la plus belle,

Apeurée, cachée, rassurée, effondrée, si naïve,

Tombée dans les pommes

Pomme de reinette et pomme d’happy, pomme d’Adam d’happy end

 

Un goûter pas comme les autres

Un certain goûter incertain

Du thé l’heure a sonné et les tasses s’affolent

Dans cette forêt personne n’imaginait que l’heure tournait

Comme ce lapin qui nous donne le tournis

Des biscuits que l’on aime et la bouche en sucrier

 

Combien de temps, sans attendre vraiment ?

Combien d’années usées sans se réveiller ?

Combien d’épines à écarter ?

Combien de personnes ensommeillées ?

Oui mais, une seule, l’unique, qui dort encore à chaque relecture de l’histoire.

 

Petit moyen grand Ours

Petite fille

Petite maison

Petite chaise moyenne chaise toute petite chaise

Petite fille

Petit bol moyen bol et grande soupe

Petite fille

Petite fille qui s’assied qui mange qui se couche

Et qui s’en va

Est-ce que l’ours la reverra ?

janv 2010 022 - copie

Le miroir de Gaspard

Le miroir de Gaspard est un peu bizarre. Le jour il peut lui sourire, lui faire des grimaces pour rire. Parfois il peut même se fâcher. Quand le calme revient, le miroir s’arrête de bouder.

Cependant, quand vient la nuit, le miroir devient un drôle de traquenard. Après quelques histoires et un gros câlin de Papa et de Maman, l’heure où la lumière s’éteint, dans le miroir arrivent les fantômes gris et blancs, en même temps que les nuages deviennent gris et noirs dans la nuit noire.

Si Gaspard ferme les yeux  il entend des cliquetis ou des tout petits bruits. Il a peur.

Quand il ouvre ses yeux les cliquetis font silence mais le fantôme est là, immobile, avec sa bouche tordue.

Alors Gaspard allume sa lampe monstre aux yeux plus blancs qu’un rayon laser, sa lampe lapin, qui ne dit rien, mais n’en pense pas moins, « méfie-toi fantôme », pense Gaspard. Enfin il allume sa lampe plante fantômovore. Alors le fantôme a les chocottes, il disparaît ! Et toc !

background-2004076_960_720 - copie

Le riz au lait de ma grand-mère

Du jamais vu, du jamais testé ailleurs. Ma grand-mère avait du coeur. C’est sans doute l’ingrédient le plus sûr, et le plus secret aussi. Cuisiner le plat préféré pour dire aux gens qu’on les aime… La recette me fut transmise comme une bise, difficilement quantifiable: « Mamie, tu me donnes la recette de ton riz au lait?

– Combien de grains?

Mamie qui pose son pouce sûr de lui au bord du vieux bol blanc: « oh jusque là, pas plus.

– Et le sucre? – Oh oui, tu sucres bien. »

« Et le lait? – Il recouvre juste ce qu’il faut le riz.

– Et la cuisson? – Longtemps, très longtemps, et tout doux! »

Et des années plus tard, un soir, dans un petit restaurant de Normandie… Au dessert je tente le riz. Et dans la cuillère, abracadabri je retrouve l’esprit de Mamie!!!

rice-2380790_960_720

réveil des animaux

Un oiseau assis sur mon cerisier

Encore embué en ce début de matinée

Etire une patte

Puis se carapate

Vole, vole et volette

 

Un chat perché

Sur ma cheminée

Encore embué en ce début de matinée

Etire une patte

Puis se carapate

Tout roux, à pas tout doux

 

Un cheval réveillé sur mon canapé

Encore embué en ce début de matinée

Etire une patte

Puis se carapate

Au trot, trop tôt, au galop

cheval

Elle déambulait

cabane.jpg

Elle déambulait comme un poisson lune dans une mouvance instinctive, ne prêtant attention ni aux heures égrainées ni au monde alentour. Invisible parmi les invisibles, petit point nocturne parmi les autres étoiles sur le pavé de la nuit. Le bruit de ses talons rythmait sa balade. Peut-être était-ce juste une parenthèse, celle qui fait prendre l’air, peut-être était-ce plus. Dans le fond peu lui importait. Seuls les bruits répétés de cette musique sur le trottoir racontaient une histoire, son histoire.

Camiloula

14papillon pixel

Camiloula n’est pas comme toi ni comme lui ni comme elle. Camiloula, c’est un joli prénom, joli comme elle, joli comme toi.

 

Camiloula balance ses couettes autour de ses bras. Ses bras se promènent ici et là, elle prend des craies, des cailloux, tout plein de trésors, comme toi. Elle tend les bras comme toi, mais plus souvent je crois. Elle est comme ça, on l’aime comme ça. Parfois tout s’arrête, ses couettes, ses yeux, sa voix, dans un frisson elle coupe le son, elle retient le temps entre ses mains, elle le retient puis elle revient. Elle reprend des craies, des cailloux, tout plein de trésors encore.

Camiloula aime rire comme toi, elle aime jouer comme toi.

Donne-lui la main fais quelques pas, tu verras elle rigolera avec toi.